Halte à la culpabilité au travail!

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Halte à la culpabilité au travail!

Message  gdbabou le Jeu 16 Oct - 6:56

La culpabilité a deux visages. Utile et saine lorsqu'elle empêche de commettre une infraction ou de verser dans l'iniquité, elle est morbide et malsaine quand elle mine le moral et bloque l'action par anticipation (à l'idée de faire). Pour s'en sortir, il n'y a qu'une voie : faire la part entre ce qui vient de soi et ce qui vient de l'autre. Car la culpabilité n'est qu'un excès de responsabilité. Cinq cas de figure à la loupe.

1. Coupable d'avoir dit les choses trop sèchement

Le ton était vif, les phrases coupantes, certaines ont dépassé votre pensée. En plus vous lui avez dit "non" à ses projets. Jean sort de votre bureau et fait la tête, l'air abattu. Vous vous en voulez. A cause de vous, il passera une mauvaise soirée, et si ça se trouve, il sera agressif une fois rentrée chez lui. Oui, vous y êtes allé trop fort !

La solution. Inutile de ressasser. Vous avez conscience que vous auriez pu faire autrement. Allez voir Jean pour lui présenter vos excuses pour la forme seulement, pas sur le fond, et ce, le plus tôt possible. Ainsi vous assumerez votre part dans la relation. "Je te présente mes excuses, j'ai été un peu dur dans la formulation... "En revanche si après cela, Jean reste sur du ressentiment ou de l'agressivité ce n'est plus de votre ressort. Jean est responsable de ses émotions et de ses pensées, pas vous.

2. Coupable de réussir mieux qu'un collègue

Vous avez décroché une jolie promotion à la loyale et pas votre collègue qui vous fusille du regard. Et vous vous morigénez : "Pourquoi moi ?". Cette culpabilité morbide, n'apporte rien, ni à lui, ni à vous. Surtout ne tombez pas dans le syndrome de l'imposteur qui insinue que vous avez pris la place d'un autre bien plus compétent.

La solution.Dites-vous qu'il y a meilleur que vous mais aussi... moins bons que vous. On vous apprécie aujourd'hui, peut-être pas demain. Discutez avec des proches sûrs pour faire le tri dans vos états d'âme et extirper le malaise. Vous réaliserez que oui, vous méritez le job.

3. Coupable de n'avoir rien dit du dérapage d'un autre

Vous l'avez vu, vous le savez. Votre collègue Luc trafique ses notes de frais sur de fortes sommes. Il exagère, la comptabilité pointe les dépenses excessives dans le service au point de vouloir en réduire le budget. Vous renoncez pourtant à le dénoncer de crainte de passer pour un délateur et de mettre Luc en mauvaise posture. Mais ne rien dire, c'est devenir complice. Un dilemme !

La solution. Agissez et allez voir Luc. Prévenez-le que s'il ne change pas de comportement, vous ne prendrez plus de gants et que vous en avertirez le chef. Dès lors, c'est à lui d'assumer ses actes.

4. Coupable d'avoir une information sensible en primeur

Paul, l'un de vos pairs, va perdre une partie de ses responsabilités. Vous le savez mais vous vous taisez. Vous vivez là une culpabilité morbide par anticipation. Car vous imaginez que si vous l'informez, Paul sera déçu, malheureux, incapable de surmonter l'épreuve, ce qui vous culpabiliserait. De fait, vous l'infantilisez parce que vous lui ôtez la possibilité de réagir. Dans le fond, s'il était au courant, il pourrait réfléchir, s'organiser, lutter. Mais vous préférez avoir l'illusion d'être tout puissant sur son bien-être. Comme si celui-ci ne dépendait que de vous.

La solution. Affrontez vos peurs de décevoir ou de rendre malheureux Paul et parlez-lui. Rappelez les faits sans pathos, ce n'est pas à vous mais à lui de se débrouiller avec l'information. Laissez-lui son libre-arbitre. Et proposez votre aide.

5. Coupable d'avoir oublié d'agir

Zut ! Vous avez oublié de transmettre un rapport. Certes, vous étiez absorbé par vos dossiers mais vous aviez promis. Vous n'avez pas respecté votre engagement. Cette culpabilité est saine, car vous reconnaissez que vous êtes seul responsable de ce raté. Et le destinataire en est pénalisé, il va prendre un gros retard.

La solution. Excusez-vous. Proposez de réparer le préjudice: "Que puis-je faire pour me rattraper?". Laissez venir l'idée ou suggérez-en quelques-unes, puis négociez les conditions si nécessaire. C'est le principe de la "juste réparation" qui existe dans certaines tribus : le fautif et la victime discutent pour trouver des compensations, sans passer par la case prison.


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