Burn-out : constat et préconisations

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Burn-out : constat et préconisations

Message  gdbabou le Mer 20 Avr - 14:53

Au cours des derniers mois, la notion de burn-out a été au centre des débats politiques et médiatiques. Sous l’impulsion du député Benoît Hamon, une proposition de loi visant à faciliter l’instruction et la reconnaissance individuelle des cas d’épuisement professionnel par les comités régionaux de reconnaissance des maladies professionnelles a vu le jour. Pour y voir plus clair, un rapport a été demandé à l’académie de Médecine. Que dit ce rapport sur cette notion ? Quels sont les principaux constats et ses principales préconisations ?
Le rapport de l’académie de Médecine a été réalisé par deux rapporteurs Jean Pierre Olié, psychiatre au centre hospitalier de Sainte Anne, et Patrick Légeron, psychiatre et fondateur du cabinet Stimulus.

Que sait-on du burn-out aujourd’hui ?

Selon le rapport de l’académie de médecine :

le burn-out ne figure dans aucune classification actuelle des troubles mentaux. Il n’est pas présent dans les nomenclatures internationales de référence telles que le DSM-V (manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de l'Association Américaine de Psychiatrie) ou la CIM10 (la classification internationale des maladies publiée par l'Organisation mondiale de la santé). Il est encore difficile d’en faire un tableau clinique clair tant cette notion se trouve à cheval entre les troubles de l’adaptation et les troubles dépressifs ;
le burn-out est encore mal défini sur le plan biologique et nécessite davantage de recherches ;
les données épidémiologiques sur le burn-out sont insuffisantes pour tirer des conclusions claires. Selon les études, les chiffres varient entre 3 millions et 30 000 personnes touchées en France. Cela s’explique notamment par les difficultés à définir précisément les limites du burn-out ;
selon les études en cours, le burn-out dépendrait de caractéristiques propres à l’individu (difficultés à gérer le stress, tendances au perfectionnisme, propension à l’hyperactivité et addiction au travail) et de l’exposition à des facteurs organisationnels. Certains auteurs y ajoutent le poids de l’environnement extra professionnel ;
la définition que propose le rapport est la suivante : « le burn-out est donc un état d’épuisement psychologique (émotionnel), mais aussi cognitif (avec une perte de motivations et des difficultés de concentration) et physique (« coup de pompe »), qui se présente sous forme de symptômes traduisant une réaction de détresse à une situation de stress en milieu professionnel ».
Comment prévenir et prendre en charge le burn-out ?

Il convient tout d’abord d’assurer une prévention à deux niveaux :

au niveau organisationnel en prenant en compte les facteurs de risques psychosociaux. Le ministère du Travail préconise de prendre en compte les 6 facteurs mis en avant dans le rapport du collège d’expertise présidé par Michel Gollac, à savoir :
exigences du travail,
exigences émotionnelles,
manque d’autonomie et marges de manœuvre,
manque de soutien social et de reconnaissance au travail,
conflits de valeurs,
insécurité de l’emploi et du travail.
au niveau individuel en prévenant notamment le surinvestissement de l’activité professionnelle.
Concernant la prise en charge, le rapport préconise alors :

l’éloignement du travail ;
une thérapeutique médicamenteuse antidépressive ;
et une psychothérapie de reconstruction émotionnelle de l’estime de soi.
Quelles sont les recommandations de ce rapport ?

Selon les rapporteurs, le terme de burn-out ne peut être actuellement un diagnostic médical. Ils rappellent toutefois que toute situation de détresse nécessite une prise en charge thérapeutique.

Les rapporteurs soulignent l’importance de mener des recherches pour délimiter les contours du burn-out (critères cliniques, mécanismes physio et psychopathologiques) afin de pouvoir améliorer la prévention et la prise en charge.

Ils proposent :

de donner la priorité aux maladies de société dans les programmes de formations des étudiants en médecine et des professionnels de santé ;
l’institutionnalisation de la collaboration entre médecine du travail et management pour la prévention des pathologies mentales liées au travail ;
la mise en place d’une structure capable de faciliter la coopération entre les ministères concernés (Travail, Santé, Recherche) et soulignent l’importance du développement de l’implication du ministère de la Santé dans le développement de campagnes d’information auprès du grand public et des professionnels de soins pour une promotion de la santé mentale.
Conclusion

Ce rapport permet de souligner le flou qui subsiste autour de cette notion. Médicalement, cette notion n’est pas encore suffisamment délimitée. Il est donc nécessaire de définir le burn-out avant de légiférer et d’envisager de le reconnaître comme une maladie professionnelle. Ce travail fondamental permettra alors de proposer une prévention et une thérapeutique mieux adaptées aux situations rencontrées.

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