L’organisation du travail à l’épreuve des risques psychosociaux : étude de la DARES

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L’organisation du travail à l’épreuve des risques psychosociaux : étude de la DARES

Message  gdbabou le Mer 21 Sep - 12:39

Le ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social a publié en janvier 2016, par le biais de la DARES, une étude sur « L’organisation du travail à l’épreuve des risques psychosociaux ». Cette analyse présente l’avantage d’identifier les catégories sociales et les secteurs d’activité les plus impactés par « le jobstrain » et le manque de reconnaissance. L’analyse se base sur les données des enquêtes SUMER 2010.
Jobstrain et manque de reconnaissance

Pour rappel, le « jobstrain » correspond à l’état de tension décrit par Karasek dans ses travaux de recherches. Il est la résultante de la combinaison entre une forte demande psychologique et une faible latitude décisionnelle et aggravé par une absence de soutien social. Les conséquences psychologiques du manque de reconnaissance, quant à elles, ont été mises en relief par les travaux de Siegrist. Son modèle met en balance les efforts professionnels consentis par le salarié et la reconnaissance attendue en retour. Les modèles de Karasek et de Siegrist sont aujourd’hui les deux modèles les plus utilisés pour évaluer les risques psychosociaux en interrogeant les salariés.

Quels sont les résultats à retenir de l’étude DARES ?

Genre :

les femmes sont plus nombreuses à être « tendues » (ou en jobstrain) que les hommes (26 % contre 21 %). Cette différence tient surtout au fait que les femmes ne bénéficient pas des mêmes marges de manœuvre que les hommes ;
le manque de reconnaissance touche aussi bien les hommes que les femmes (près de 1 personne sur 2).
Secteur d’activité :

la fonction publique hospitalière est la plus concernée par le « jobstrain » (30 %) suivie de l’industrie du secteur privée (25 %) et de la fonction publique de l’état (25 %) ;
le manque de reconnaissance est plus ressenti dans le secteur de l’industrie du secteur privé (57 %), suivi par la fonction publique de l’état (55 %) et la fonction publique hospitalière (52 %).
Catégorie sociale :

la catégorie des employés administratifs est la plus concernée par le « jobstrain » (30 % contre une moyenne globale à 23 %) suivie des ouvriers non qualifiés, ouvriers agricoles (27 %) puis des employés de commerce et de service (26 %) ;
c’est aussi la catégorie des employés administratifs qui manque le plus de reconnaissance (55 %), suivie par les professions intermédiaires (51 %) puis les ouvriers qualifiés (50 %).
Métiers :

Le jobstrain touche particulièrement :
les employés de la banque et des assurances,
les ouvriers non qualifiés de l’électricité et de l’électronique ainsi que ceux des industries de process.
Le manque de reconnaissance touche principalement :
les métiers des industries de process,
les métiers d’ouvriers de la mécanique et du travail des métaux, du textile et du cuir, du bois, des industries graphiques,
les métiers des transports, de la logistique, du tourisme (à l’exception des cadres).
Certains métiers cumulent les deux risques :
les ouvriers non qualifiés de l’électricité et de l’électronique,
les techniciens et les employés de la banque et de l’assurance.
Quels éléments renforcent les risques psychosociaux ?

L’étude révèle que les éléments suivants favorisent le jobstrain :

les contraintes de risque ;
les salariés travaillant au-delà des horaires officiels ;
les salariés exposés à la pénibilité physique ;
le contact direct avec le public, de vive voix ou par téléphone ;
le manque de moyens matériels, d’informations ou de coopération avec leurs collègues pour « faire correctement leur travail » ;
les salariés qui ont des objectifs chiffrés précis à atteindre ;
Certains éléments favorisent quant à eux le sentiment de manque de reconnaissance :

les contraintes de rythme, se dépêcher dans son travail et les interruptions de tâches ;
les efforts qui résultent du manque de moyens pour faire correctement son travail ;
les salariés qui ont des objectifs chiffrés précis à atteindre. Pour autant, lorsque les entretiens individuel et annuel sont menés rigoureusement et s’ils ne sont pas liés à des objectifs précis mais plutôt à des discussions sur les moyens et les conditions de travail, ils constituent un facteur de protection.
Quel lien entre les RPS et la santé perçue ?

Les salariés exposés aux RPS déclarent une santé mentale et physique dégradée.

Les femmes sont plus nombreuses à déclarer un état de santé altéré.

Quel lien entre RPS et absentéisme ?

L’étude a mis en évidence le lien entre RPS et absentéisme. En effet, la probabilité d’avoir connu un accident du travail est plus élevée parmi les salariés exposés au jobstrain ou au manque de reconnaissance.

En fonction du sexe, la relation entre absentéisme et RPS n’est pas identique : les femmes déclarent plus d’arrêt maladie (38 %) que les hommes (32 %).

Le risque de déclarer 3 arrêts de travail dans l’année est plus que doublé pour les hommes et les femmes qui subissent des tensions.

Ce risque est multiplié par 3 pour les femmes et par 4 pour les hommes qui déclarent manquer de reconnaissance.

Si cette étude repose sur des données collectées en 2010, elle permet tout de même de fournir des données fiables et pertinentes pour identifier les différents métiers et secteurs les plus touchés par les RPS.

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