Elections TPE : Quels enseignements d’un scrutin qui n’a pas mobilisé les salariés concernés ?

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Elections TPE : Quels enseignements d’un scrutin qui n’a pas mobilisé les salariés concernés ?

Message  gdbabou le Dim 19 Fév - 7:57

Avec une participation de 7,35 %, cette élection sensée mesurer l’influence des différentes organisations syndicales chez les salariés des entreprises de moins de 11 salariés n’a pas intéressé les salariés concernés, c’est le moins que l’on puisse dire. Cette faible participation ne permet pas de tirer des enseignements solides d’un scrutin où les trois grandes organisations représentatives au niveau national ont perdu de l’audience par rapport à l’élection de 2012.

Pourquoi une participation à ce niveau ?

Toutes les conditions étaient réunies pour que la participation soit faible même si le chiffre de 7,35 % en baisse de 3 points par rapport à 2012 est particulièrement inquiétant.

Tout d’abord, un vote sur sigle pour mesurer la représentativité d’organisations syndicales que les salariés des TPE ne côtoient pas au quotidien ne peut pas mobiliser l’électorat. Et cela quelle que soit l’action réelle de ces organisations au profit des salariés des TPE. Sans faire de distinction, ces salariés ont une image négative des syndicats qui pour eux défendent les intérêts des salariés des grandes entreprises ou de la fonction publique sans se préoccuper de leur sort.

Cette année pourtant, il s’agissait de désigner aussi des représentants dans les Commissions Paritaires Régionales Interprofessionnelles (CPRI) dont les missions sont importantes (informer, conseiller sur les dispositions légales, parler emploi, formation, conditions de travail, égalité professionnelle, temps partiel, faciliter la résolution de conflits individuels et collectifs et éventuellement organiser des activités sociales et culturelles). Mais comme ces commissions ne seront constituées qu’au 1er juillet 2017, les salariés n’en n’ont pas encore perçu l’intérêt, probablement habitués à régler leurs problèmes quotidiens en face à face direct avec leur employeur ou au Conseil de Prud’hommes. Les efforts effectués par les organisations telles que la CFDT qui a présenté leurs futurs représentants issus des TPE dans ces commissions n’ont d’ailleurs pas été récompensés.

Deux autres facteurs ont pu encore aggraver la situation : la proximité de l’élection présidentielle qui a monopolisé des médias qui n’ont pratiquement pas parlé de ces élections et surtout leur report suite à la poursuite du recours de le CGT contre la liste du Syndicat des travailleurs Corses (STC) présentée au niveau national interprofessionnel. En fixant cette élection entre le 30 décembre et le 13 janvier, en pleine période des fêtes de nouvel an au lieu de début décembre, il était clair que ce scrutin n’allait pas mobiliser grand monde. Tout cela pour que le STC n’obtienne au niveau national que 1 % des voix ! La CGT a protesté contre ce report, mais en prolongeant la procédure, elle en est la première responsable…

Difficile de tirer des enseignements de l’évolution du score de chacune des organisations

Dans ce contexte de faible participation, les résultats obtenus par les organisations sont peu significatifs et l’analyse des évolutions par rapport à 2012 doit être prise avec beaucoup de recul. Même si elles restent les trois premières organisations syndicales, la CGT (-4,42), la CFDT (-3,77) et FO (-2,24) perdent du terrain marquant une certaine désaffection des électeurs envers les syndicats les plus connus. Par contre, la CFTC et la CFE-CGC progressent d’environ un point chacune. La CFE-CGC avec 28,83 % renforce sa première position dans le collège cadres devant la CFDT (19,32 %). L’UNSA avec 12,49 % est la principale bénéficiaire de ce scrutin avec une progression de 5,14 points. Elle a pu présenter une nouvelle offre syndicale qui a attiré des électeurs. Mais, quel que soit leur résultat, toutes les organisations doivent s’interroger sur leur action pour les salariés TPE et leur façon de communiquer en leur direction. Une action continue, de proximité et des avancées concrètes pour ces salariés sont les ingrédients pour réussir. Les organisations qui ont commencé ce travail au côté des salariés des TPE et avec eux doivent persister même si les résultats électoraux n’ont été à la hauteur des attentes.

Les suites de ce vote

Tout d’abord, les CPRI vont pouvoir être mises en place et commencer à travailler pour trouver leur marque dans le paysage social. L’action menée par les représentants des organisations syndicales désignés en fonction des résultats pourra, nous l’espérons, leur donner une plus grande légitimité lors d’un prochain scrutin.

Il faudra réinventer un nouveau mode d’élection en abandonnant le vote par sigle qui ne peut pas mobiliser un électorat trop éloigné des syndicats. Avant la mesure de la représentativité, l’objet du scrutin devra être clairement centré sur l’élection de représentants dans les CPRI avec des listes de candidats issus des TPE donc identifiables pour ces salariés et proches de leurs préoccupations.

En tout état de cause, pour cette année, le résultat de cette élection n’influencera que très peu la mesure de la représentativité des organisations syndicales dans toutes les entreprises du secteur privé. Le score obtenu par la CGT pourrait ne pas compenser comme en 2013 le retard qu’elle avait sur la CFDT dans les entreprises de plus de 11 salariés. Qu’en sera-t-il cette année ? Réponse le 31 mars 2017.

Les résultats :
inscrits : 4 502 621 ; votants : 330 928 ; exprimés : 323 622 ;
CGT : 25,12 %, CFDT : 15 49 %, FO : 13 01 %,
UNSA : 12 49 %, CFTC : 7 44 %, CFE-CGC : 3 38 %, Solidaires : 3 5 %

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