Les inégalités de niveaux de vie entre les générations : Y a-t-il des sacrifiés ?

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Les inégalités de niveaux de vie entre les générations : Y a-t-il des sacrifiés ?

Message  gdbabou le Mer 10 Mai - 6:24

Depuis plusieurs années, le terme « génération sacrifiée, génération précaire, génération y plus inégalitaire que les générations précédentes » a fait l’objet de nombreux ouvrages de sociologues. Les enquêtes Budget de famille entre 1979 et 2011, et les enquêtes Comptabilité nationale opposent un diagnostic différent si on prend en compte les effets de l’âge (ou du cycle de vie) et de génération sur le niveau de vie ou la consommation. Le constat révèle l’importance de la croissance économique dans l’élévation du niveau de vie des générations et confirme, contrairement à l’idée répandue, qu’aucune génération n’a eu une consommation inférieure à celle des générations qui l’ont précédé.

En France, l’Insee définit le niveau de vie comme le revenu disponible brut d’un ménage divisé par le nombre d’unités de consommation, coefficient qui dépend de la taille du ménage. Il faut compter une unité pour le premier adulte, 0,5 unité pour chaque personne supplémentaire de plus de 14 ans et 0,3 pour chaque enfant de moins de 14 ans.

Dans les deux enquêtes Budget de famille et Comptabilité nationale, le niveau de vie des ménages est apprécié avec le revenu disponible ou la consommation privée par unité de consommation, en isolant ou non les dépenses de logement et les loyers implicites.

Malgré la qualité des enquêtes, il apparaît que le revenu et la consommation tirés des enquêtes « Budget de famille » sont différents de ceux de la Comptabilité nationale (CN). Ces écarts s’expliquent, tout d’abord, par une sous-déclaration, ou une non déclaration, de certaines consommations et de certains revenus, mais également par des différences de champs. Par exemple, pour le poste logement, l’enquête Budget de famille comptabilise uniquement les loyers effectivement versés par les locataires tandis que la Comptabilité nationale ajoute à la consommation des ménages propriétaires un loyer fictif qui correspond à ce qu’ils auraient à payer s’ils étaient locataires.

L’enquête Budget de famille ne collecte que les revenus et les consommations des personnes qui résident en France en ménage ordinaire (c’est-à-dire hors ménages vivant dans des habitations mobiles, ou en collectivité).
L’enquête Comptabilité nationale prend en compte l’ensemble des ménages et intègre la consommation en France des touristes étrangers.
Dans le tableau suivant, les données ont été corrigées afin de rendre comparables les données des enquêtes BdF et de la CN. Ainsi le taux de couverture est le rapport entre le revenu disponible BdF et le revenu disponible CN. Le champ est celui des ménages ordinaires vivant en France métropolitaine. Les sources sont : l’ Insee, les enquêtes Budget de famille 1979, 1984, 1989, 1995, 2000, 2005, 2010, les Comptes nationaux et le calcul des auteurs.



Si l’on prend l’ensemble des cohortes nées entre 1901 et 1979, aucune génération n’a été désavantagée par rapport à ses aînées. Le niveau de vie augmente fortement avec l’âge, de 25 à 64 ans. Par exemple, la consommation des 50-54 ans est supérieure de 35 % à celle des 25-29 ans. À partir de 65 ans, l’évolution dépend de l’indicateur de niveau de vie considéré.

Le niveau de vie des générations du baby-boom est supérieur à celui des générations nées avant-guerre mais inférieur ou égal à celui des générations qui les suivent.
La consommation de la cohorte née en 1946 est de 40 % supérieure à celle de la cohorte née en 1926 mais de 20 % inférieure à celle de la cohorte née en 1976.
Les générations récentes bénéficient d’un niveau de vie plus élevé mais aussi d’une vie plus longue et d’une exceptionnelle amélioration des conditions médicales et sanitaires, avec une baisse de la mortalité infantile (6 % en 1949 contre 0,3 % aujourd’hui).

La génération d’aujourd’hui est confrontée à des défis qui sont spécifiques à son époque ; des jeunes bien formés, des jeunes ni étudiants, ni employés, ni stagiaires (NEET), et entre ces deux extrêmes, des jeunes qui craignent le déclassement.
C’est pour lutter contre ces dysfonctionnements, que l’État a mis en place, en 2013, la garantie « jeunes » pour les 16-25 ans les plus vulnérables. Ce dispositif a été généralisé depuis le 1er janvier 2017, dans le cadre de la loi travail, en tenant compte de la recommandation de Bruxelles pour les « NEETs »,c’est-à-dire les jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation

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